Ammi majus
Ammi majus, l'ammi élevé, est une annuelle de la famille des Apiacées. D'origine méditerranéenne et moyen-orientale, elle s'est naturalisée dans une grande partie de l'Europe occidentale et est bien établie en France, notamment dans le Bassin parisien où elle figure parmi les adventices estivales les plus spectaculaires des bords de cultures.
Son habitat de prédilection en Île-de-France sont les marges des champs cultivés, en particulier les bordures de céréales et de cultures sarclées, les jachères et les friches sur sols limoneux ou argilo-calcaires. Dans le secteur de Luzarches, elle est à rechercher en bordure des grandes parcelles céréalières du plateau, le long des chemins agricoles et dans les zones de cultures récemment moissonnées. Elle peut former des populations denses et très visibles en été, blanchissant littéralement les bords de champs sur plusieurs dizaines de mètres.
La plante atteint facilement 60 à 120 centimètres, parfois plus. La tige est dressée, cylindrique, creuse, striée, d'un vert glauque, glabre ou très légèrement pubescente, ramifiée dans sa partie supérieure. Le feuillage présente une hétérophyllie bien marquée, visible sur les photographies, qui constitue l'un des critères les plus utiles pour l'identifier avant floraison. Les feuilles basales et les feuilles caulinaires inférieures sont pennées, à folioles ovales ou lancéolées, nettement dentées en scie, d'un vert glauque un peu bleuté, à texture ferme. Les feuilles supérieures, en revanche, sont découpées en segments filiformes ou très étroits, presque capillaires, rappelant alors le feuillage de l'aneth ou du fenouil. Cette transition progressive du bas vers le haut de la plante, des feuilles larges vers les feuilles quasi filiformes, est saisissante et parfaitement illustrée par les photographies.
Les ombelles sont grandes, plates, très ramifiées, portées par de nombreux rayons grêles et étalés qui s'écartent en étoile depuis un même point. L'involucre, bien visible sur les photographies, est constitué de bractées longuement découpées en lanières fines, égalant souvent les rayons en longueur, ce qui donne à la base de chaque ombelle un aspect finement velu ou en barbe. Les fleurs périphériques de chaque ombellule ont leurs pétales extérieurs agrandis et rayonnants, ce qui accentue l'effet de légèreté et de dentelle de l'ensemble. Les fruits sont petits, oblongs, glabres.
Dans la nature, sa floraison s'étend de juin à septembre.
La ressemblance avec d'autres Apiacées à grandes ombelles blanches, notamment la carotte sauvage (Daucus carota), la petite cigüe (Aethusa cynapium) ou le cerfeuil sauvage (Anthriscus sylvestris), invite à la prudence pour qui n'est pas familier de la famille. L'examen de l'involucre à bractées filiformes très découpées et l'hétérophyllie prononcée permettent de distinguer Ammi majus assez facilement avec un peu d'habitude. La plante contient des furanocoumarines, notamment de la xanthotoxine et de la bergaptène, molécules photosensibilisantes qui ont été isolées et utilisées en dermatologie dans le traitement du psoriasis et du vitiligo à partir des années 1940, une application thérapeutique qui a contribué à faire connaître cette adventice bien au-delà des cercles botaniques.